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Interview
Rock my Life : Comment vous êtes-vous rencontrés ? Comment s’est formé
le groupe ? D’où vous vient le nom de Smoke Fish ?
Jonathan : En fait c’est Shay qui a réuni tout le monde, moi Je l’ai
rencontré par le biais d’amis commun dès son arrivée en France, on jouait un
peu de guitare ensemble pendant les soirées. Quand il a commencé à faire
quelques concerts dans les bars il a rencontré Jean-sé avec qui il a débuté le
projet, un autre batteur jouait avec eux à ce moment là. Un an plus tard Py et
moi les avons rejoint et depuis nous vivons heureux et avons beaucoup d’enfants.
Py : En ce qui concerne le nom du groupe… disons que pour des raisons
visant à conserver le mystère, mieux vaut se taire et ne rien dire. On peut y voir
tout ce qu’on veut et pas grand-chose. Et en plus si on te disait d’où ça vient,
tu trouverais ça totalement dépourvu d’originalité. Donc, tu ne sauras rien à propos
de ce nom énigmatique. Comme nous d’ailleurs.
RmL : Quelles sont vos influences ? Ont-elles évolué au fil du temps ?
Jonathan : Je pense qu’on a tous des influences assez différentes mais
avec un tronc commun qui est le rock anglais des années 70, à coté de ça Py
et moi écoutons plutôt la pop rock anglaise de ces dernières années, Jean-Sé
lui préfère les groupes américains des 90’s. Forcément ces influences évoluent
puisque nos groupes fétiches (s’ils jouent encore !) évoluent, je pense notamment
à Muse que l’on suit depuis leur premier album.
Py : On a grandit en écoutant des groupes comme Led Zep, David Bowie
ou encore Nirvana les Foo Fighters, Ca se ressent dont forcément dans notre musique.
RmL : Vos premiers pas, en particulier les premières dates, ont-ils été
difficiles pour vous ?
Jonathan : Difficiles je ne crois pas, on n’a jamais eu de mal à trouver de
dates, on se produisait essentiellement dans les bars de Brest, on faisait un mélange
de compos et de reprises, c’était pas toujours très glorieux mais on s’amusait bien !…
Py : Pas très glorieux… Si ce n’était que ça…
RmL : Comment fonctionne le groupe pour la composition, les paroles… ?
De quoi justement traite ces paroles ?
Jonathan : Ca dépend en fait, des fois Shay se pointe en répé avec un
morceau ou un bout de morceau qu’il a composé, si ça plait aux autres on voit
ce qu’on peut faire avec, sinon il nous arrive souvent de jouer 10 à 15 minutes en
début de répé, l’un de nous quatre lance un riff, les autres suivent, et ça peut déboucher
sur un morceau. Concernant les paroles c’est Shay qui s’en est occupé pour la
quasi-totalité des morceaux, elle peuvent traiter de thèmes simples, amour liberté,
comme de drogue, trouble de la personnalité, la plupart du temps elle sont assez
abstraite et peuvent être interprétées différemment suivant les personnes qui les écoutent.
Py : Généralement c’est issu du vécu de chacun d’entre nous. Non pas
qu’on ait des vies à la con, mais je pense qu’écrire une chanson c’est une vraie
thérapie finalement. Du coup, une chanson comme Freedom fait directement
référence à la situation du Moyen-Orient, d’où Shay est originaire, et bien que ça
peut faire super rétro un mec qui chante un refrain avec « all we need is freedom »
il sait de quoi il parle, c’est fait avec sincérité et c’est tout ce qui compte. Comme
disait John ce qui est intéressant c’est que chaque personne peut interpréter différemment
les paroles, alors que finalement ce sont petites mises en scène de la vie. A côté,
on aime bien les paradis artificiels, donc on en parle beaucoup. C’est vrai que c’est
un thème super récurrent… on ne comprend pas pourquoi.
RmL : Vous venez de sortir votre premier single, “Mary” où ne figure aucun
label… Vous l’avez entièrement autoproduit ?
Jonathan : Oui ce single est entièrement autoproduit.
Py : D’ailleurs on en cherche un de label. Sympa, d’avoir soulevé la question.
RmL : Toujours à propos de ce single, est-il bien accueilli par le public,
par la presse ? Même si sa sortie est très récente !!!
Jonathan : Pour l’instant on ne peut pas vous dire grand-chose puisque sa
sortie officielle aura lieu au cours du festival Ilophone le 13 septembre… En attendant
il est plutôt bien accueilli par nos proches.
Py : On a eu deux ou trois chroniques et on est diffusé sur quelques radio
locales mais pour l’instant c’est un peu wait and see, en espérant bien sur que ça marche.
RmL : Vous jouez donc prochainement au Festival de l’Ilophone aux côtés de
Miossec, Yann Tiersen, Da Silva et bien d’autres… Tout ceci doit être très gratifiant non ?
Jonathan : Oui bien sur, jouer aux cotés de ces artiste est très gratifiant, d’autant
plus que ce sont des artistes que nous apprécions beaucoup, et pas juste parce qu’ils sont brestois…
Py : Miossec est un véritable monument, Tiersen aussi et on va se sentir tout petit
à Ouessant, je pense qu’on n’en mènera pas large…
RmL : Quels sont vos projets pour la suite ?
Jonathan : Et bien qui dit single dit logiquement album, nous espérons l’enregistrer
dans les mois qui viennent, coté concert nous sommes en ce moment en train de démarcher
en Israël (pays d’origine de Shay) pour le mois d’avril prochain.
Py : Oui, un petit album 9-10 titres sera la prochaine étape, soit autoproduit encore
mais l’aide d’un label ou d’une structure serait la bienvenue. Et prendre le camion (ou l’avion)
en 2009 pour de nouvelles aventures un peu plus loin que la Bretagne serait sympa aussi
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une petite interview et un lien avec le groupe à découvrir
Voilà un groupe musical qui diffuse son single sous licence CC mais aussi en format physique chez les disquaires bretons.
Smoke Fish a partagé l’affiche avec Miossec, Tiersen, Da Silva, Kaolin et Red Cardell et on sera sur la tournée des Transmusicales au Run Ar Puñs le samedi 29 novembre. On prépare la sortie de notre album pour la fin du premier semestre 2009.
Tout d’abord pouvez présenter votre groupe ?
Smoke Fishhttp aura bientôt 2 ans. Le groupe est composé de 4 membres, Shay au chant et à la guitare, Jonathan à la guitare et aux machines, Jeansé à la basse et puis moi à la batterie.
On évolue dans un univers pop-rock majoritairement mais on peut s’autoriser quelques incartades vers d’autres univers tel que la musique orientale ou bien vers quelques sonorités électroniques ou psychédéliques. On aime bien citer des groupes comme Tea Party, Pink Floyd, Muse, Queen pour les affinités musicales. Le groupe a quelques concerts derrière lui (autour de 70).
Votre groupe musical a fait le choix d’autoriser le téléchargement et la réutilisation de productions musicales pouvez bous expliquer ce qui vous a motivé pour cela ?
A la base il y a une équation toute simple… Quel outil peut permettre un téléchargement légal gratuit et une certaine diffusion ? A priori pas grand-chose, non ? Ce qui nous intéressait c’était finalement de diffuser notre musique facilement. Quoi de plus normal dans ce cas là de laisser filler sa musique à droite et à gauche.
Les réseaux P2P, les plates-formes de téléchargement comme Jamendo, Dogmazik se charge de la diffusion. Le problème en étant SACEM est que cette liberté n’existe plus. Tant que la propriété intellectuelle est reconnue, c’est tout ce qui compte finalement. On voulait utiliser ce filon là et en parallèle exister sur la scène locale et non pas comme un groupe virtuel et faire les cons devant une webcam. La musique se passe d’abord sur scène ! Mais le développement du libre nous intéressait énormément ! Alors pourquoi pas tenter le coup. Le but pour nous est de protéger nos chansons et qu’on reconnaisse sa propriété intellectuelle.
Et le choix d’une licence creative commons ?
Déjà d’une la gratuité… ce qui n’est pas négligeable. La SPEDIDAM par exemple ca coute aussi pas mal d’argent. Ensuite le but était de se protéger, que la paternité des œuvres soit reconnues et de limiter l’autorisation de nos chansons. On utilise une de nos chansons, Ok ! Mais faut dire qui c’est, ca parait normal. L’utilisation commerciale sans notre accord n’est pas autorisée. La seule alternative a proposé cette protection reste les licences Creative Commons.
Comment voyez vous les débats actuels sur la “riposte graduée” et quel serait pour vous l’orientation qui permettrait un équilibre entre une large diffusion à l’ére du numérique et une rémunération des créateurs ?
Est-ce que inciter les gens à faire des dons ne serait pas une bonne chose ? C’est une piste peut-être (un rêve utopique plutôt)… Mais la rémunération des créateurs posent un problème. Nous en tant qu’artiste, l’argent (quand on en gagne… et à notre niveau bresto-brestois) se fait sur les concerts et sur la vente du support physique de notre cd.
Pour les groupes, c’est là que le gain (enfin façon de parler… c’est pas énorme non plus) se fait ! En live ! Est-ce que finalement le mieux serait de ne pas laisser faire ce que chacun veut ? Par exemple un groupe comme nous décide : « Mes chansons sont téléchargeables gratuitement, allez-y distribuez autour de vous etc … Vous pouvez faire un don si ca vous dit, vous pouvez acheter le cd en vrai chez le disquaire aussi ». Il faut faire comprendre qu’un groupe a besoin de l’aide des gens pour vivre mais il est totalement impossible de dire aux gens : « Arrêter de télécharger » ! Responsabiliser les gens plutôt que de les fliquer, nous ferait un peu de bien. Après ca reste la vision de quelqu’un qui joue dans un groupe local et qui n’a pas forcement le recul approprié. Peut-être que le problème de tout ça est le respect de l’œuvre ? Au final, on aurait plutôt tendance à se dire que l’artiste donne et que le public lui rend un truc en retour. Ce qu’il veut, ce qu’il juge que ca vaut : une clé à molette, une brosse à dent… ce qu’il veut ! Cela dit on ne fonctionnera peut-être pas longtemps comme ça J
Après ce qui est valable pour la musique live ne l’est pas pour le cinéma, la peinture, le théâtre, etc… C’est pour ça que c’est très compliqué cette affaire. Satané système capitaliste J
Est ce que vous pensez qu’un regroupement local des initiatives de celles et ceux qui souhaitent élargir les biens numériques réutilisables ou développent du logciell libre peut être utile ?
Bien sur ! Linux c’est bien développé comme ça non ? On voit le résultat. La diffusion par la partage, ca me semble une bonne valeur sure qui a de l’avenir.
le site du groupe : http://www.smokefish.fr/